Construction des écoles pour jeunes filles dotées d’internat : des travaux encore à la traine

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Pour lutter contre les grossesses en milieu scolaire, la construction de plusieurs écoles d’excellence pour jeunes filles a été lancée par l’Etat de Côte d’Ivoire. Mais elles peinent à sortir de terre.

Un état des lieux a été effectué par le confrère L’Inter sur ce projet qui a démarré en 2016.

Un grand retard dans le début des travaux       

« Démarrés en 2016, pour une durée de 5 ans, où en est-on avec le projet de construction de ces écoles d’excellence pour jeunes filles, à quelques semaines de 2023 ? ». « Quel est l’état d’avancement des travaux de ces lycées d’excellence, au moment où l’Etat de Côte d’Ivoire vient de ratifier un nouvel accord de prêt, le 30 novembre 2022, pour la construction de quatre autres lycées d’excellence de jeunes filles ? ». Ce sont, entre autres, des préoccupations exprimées par plusieurs parents d’élèves que nous avons joints. En vue de constater l’état d’avancement des travaux, du lundi 21 au jeudi 24 novembre 2022, nous avons effectué des visites sur des sites dans plusieurs localités bénéficiaires du projet.

En dehors de Daloa où les bâtiments commencent à sortir de terre, plusieurs sites sont encore à l’étape des travaux de terrassement. Dans la ville de Daloa par exemple, il suffit de s’arrêter sur la voie longeant le site, un plateau accidenté, pour voir ce qui s’y passe. Des techniciens et manœuvres aperçus étaient en train d’élever des murs. Malgré ces activités en cours, la situation n’est toujours pas reluisante. Ces travaux de construction du lycée d’excellence de jeunes filles de Daloa auraient démarré en mai 2021 pour un délai d’exécution de 15 mois. Mais après plus de 19 mois, le taux d’exécution global des travaux en novembre 2022 serait à moins de 20 %, soit plus de 15 mois de retard, selon les informations qui nous sont parvenues.

À l’étape de Dimbokro, sur un vaste chantier accidenté, des pelleteuses et des camions procédaient à la mise en place des plateformes. Aucun bâtiment n’est encore sorti de terre.

« Nous sommes là depuis le 7 juillet 2022, mais les travaux ont commencé le 21 juillet 2022. Nous avons fait le terrassement qui consistait à fournir les plateformes aux entreprises sous-traitantes, soit environ 20% d’avancement », a expliqué un agent.

Dans la ville côtière de San-Pedro, les travaux sont également au stade du terrassement. Selon des informations recueillies sur place, des riverains, occupants de ce site de carrière (une zone de production de graviers) se seraient opposés à leur déguerpissement, voulant préserver leurs moyens de subsistance. Il nous revient également que les marchés des deux entreprises devant réaliser les travaux de bâtiments (bloc pédagogique et bloc internat) seraient en cours de résiliation. « Alors, même si les travaux de terrassement s’achèvent, rien ne pourra être construit pour le moment sur ce site. Ce qui entrainerait encore un très grand retard surtout que le taux d’exécution global serait à moins de 5%, après cinq mois de travaux », ont analysé des parents d’élèves.

La situation n’est pas aussi reluisante dans les autres localités, notamment Bondoukou et Odienné abritant des sites du projet. Des sources sur place rapportent que les seuls travaux de terrassement qui ont démarré depuis plus de six mois, piétinent toujours. Aucune entreprise en charge des travaux de construction des bâtiments, n’a démarré ses activités.

Les inquiétudes des parents

Des parents préoccupés, s’interrogent sur le retard accusé dans la construction de ces écoles. « Nous avons appris que le projet a plusieurs mois, voire plus de deux ans de retard, nous ne comprenons pas ce qui se passe », ont déploré des parents d’élèves.

« Comment cette situation a pu arriver sans que les autorités du système éducatif ne soient alertées ? N’y a-t-il pas un organe institutionnel de suivi et contrôle de gestion et de l’exécution d’un tel projet de plus de 43 milliards de fcfa ? », ont interpellé d’autres.

L’accélération et la livraison des travaux de ces écoles dotées d’internats dans des délais raisonnables est plus qu’un impératif face à l’urgence imposée par l’évolution croissante des cas de grossesse en milieu scolaire dans les différentes régions de la Côte d’Ivoire.

Aussi, le retour au système d’internat dans les écoles et surtout dans les établissements de jeunes filles apparaît comme l’une des solutions à ce phénomène.

Le coût des matériaux comme justification

L’achèvement des projets de construction des lycées d’excellence de jeunes filles suscite beaucoup d’espoir auprès des populations, qui proposent au ministère de l’Education nationale et l’Alphabétisation d’initier un suivi de proximité de la gestion des différents projets de construction de lycées de jeunes filles avec internat, dont les retards dans l’exécution des travaux interpellent.

La promotion de la scolarisation de la jeune fille étant l’un des axes prioritaires de l’action gouvernementale, des dispositions devront être prises rapidement pour poursuivre les efforts de la ministre Mariatou Koné, en vue de la redynamisation et de la remise en route du système éducatif ivoirien.

Une source proche du projet au ministère jointe le lundi 19 décembre 2022, a justifié ce retard dans l’exécution du projet par la flambée des coûts des matériaux de construction.

« Nous attendons juin et juillet lorsque les murs vont sortir de terre pour faire des communications », a-t-elle expliqué. Mais quelles dispositions sont prises pour l’accélération et la bonne exécution des travaux ? Jusque-là, on n’en fait pas cas. Le coordonnateur du projet, Dagnogo Yacouba, a confié qu’il attend l’ordre de la hiérarchie avant de se prononcer.

Le maintien des filles à l’école, un défi

Le projet de construction de six (6) lycées d’excellence de jeunes filles dotés d’internat à Abidjan (Abobo), Dimbokro, Bondoukou, San Pedro, Daloa et Odienné, a pour objectif d’améliorer le taux de scolarisation et d’achèvement du secondaire de la jeune fille et l’efficacité du système éducatif. Chacun de ces lycées d’excellence pour jeunes filles en construction a une capacité de 1 500 élèves et un internat de 1.116 lits. Outre les infrastructures adaptées aux exigences des normes de formation de qualité et les commodités propices à l’apprentissage. Pour l’encadrement des bénéficiaires, la rigueur et la discipline seront des valeurs à prôner.

Ces lycées annoncés pour être livrés après 15 mois de travaux, soit en 2023, sont très attendus par les populations, qui voient en cela un espoir et un moyen de lutter contre les grossesses en milieu scolaire et de réduire les cas de grossesse à l’école. Cofinancé par la Bid, Ofid et l’Etat de Côte d’Ivoire à environ 43 milliards de fcfa, ce projet suscite beaucoup d’intérêt chez les acteurs du secteur de l’éducation au regard des enjeux.

Journaliste

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