Côte d’Ivoire : Coulibaly Amadou, opérateur économique appelle à une transformation industrielle locale des mangues

0:00

Dans une interview accordée à notre confrère Ly Aimé, de la Radio Côte d’Ivoire, le jeudi 26 janvier 2023. L’opérateur économique originaire de Sinématiali, Coulibaly Amadou dit Arnaud, nourrit de grandes ambitions pour la transformation locale de la mangue en Côte d’Ivoire.

Lors de cet entretien avec la presse l’homme d’affaire qui investit également dans le secteur de la mangue, a dévoilé les grands axes de ses projets en faveur des populations et jette un regard critique sur les difficultés de la filière mangue dans notre pays.

Interview

 Comment la culture de la mangue participe-t-elle au développement de votre localité à Sinématiali ?

 La mangue est vraiment la première ressource de mes parents, parce que pendant sa campagne, les producteurs qui sont les propriétaires de vergers arrivent à vendre leurs mangues. Ceux qui n’ont pas de vergers deviennent des pisteurs où ils exportent la mangue. Certains ont également des centres de conditionnement. Pour nous autres, nous sommes dans le transport, la logistique et bien-sûr le transite, c’est-à-dire, nous accompagnons ceux qui veulent bien exporter cette culture en Europe en faisant de la documentation.

 Comment est-ce que la culture de la mangue participe au développement de Sinématiali.

 Elle participe beaucoup, parce qu’après la campagne sa campagne, toutes les populations ont de l’argent. Cela leur permet de pouvoir faire des réalisations dans l’immobilier et de mener plusieurs activités génératrices de revenus. Pour le moment, nous n’arrivons pas à la transformer, mais c’est ce qui serait mieux.

 Quelles sont les difficultés rencontrées par cette filière dans votre localité ?

Il y en a plusieurs. La première est que nous n’avons pas de centre de conditionnement. Par conséquent, nous n’arrivons pas à exporter une grande partie de la production. Nous exportons moins de 50% de la production, alors que si nous avions suffisamment de centres de conditionnement, puisque nous n’avons qu’un mois et demi lors de la campagne mangue. Ce qui allait arranger quand même le taux d’exportation. La deuxième difficulté est que la filière mangue elle-même n’est pas très organisée. C’est vrai qu’il y a une faitière qui est mise en place, mais elle ne fait pas assez d’actions. La troisième se trouve au niveau de la transformation. Nous n’avons presque pas d’usine de transformation alors que, les 50% qui restent après l’exportation, nous pouvions les utiliser et les mettre à la transformation, en faisant des mangues séchées ou la purée ou du jus. Il y a tellement de choses qu’on peut faire avec la quantité restante pour augmenter le revenu de nos producteurs. La quatrième, elle se trouve au traitement des vergers. Nos parents ont d’énormes difficultés dans ce sens et sont accompagnés par des exportateurs. Auparavant, c’étaient des exportateurs européens qui venaient, mais les populations ont pris cette activité en charge. Si nos parents étaient accompagnés dans le traitement des vergers, ça allait augmenter la quantité de production et améliorer la qualité des mangues.

 Comment est-ce que les jeunes de votre localité peuvent profiter pleinement des opportunités offertes par le chef de l’Etat en cette année 2023 qui a été décrétée année de la jeunesse ?

Je voudrais remercier le président de la République, SEM Alassane Ouattara, pour avoir décrété cette année celle de la jeunesse. Il y a un proverbe chez nous qui dit que l’enfant doit être meilleur que son père. Pour le faire, il faudrait former ces jeunes. L’année dédiée à la jeunesse pour moi, c’est de donner la chance à la nouvelle génération de se former, de se prendre en charge et devenir des entrepreneurs. L’année dédiée à la jeunesse, C’est de faire une jeunesse responsable. Quand tu n’es pas autonome, tu es obligé de suivre celui qui te donne à manger, même s’il dérape à des moments donnés.

 En tant qu’opérateur économique, que faites-vous pour participer à la cohésion sociale dans votre localité ?

 Partout où il n’y a pas de paix, on ne peut pas avoir de développement. Il faut vraiment cultiver le mérite au détriment du favoritisme. Malheureusement, c’est ce que nous rencontrons le plus souvent en Afrique. J’espère que les uns et les autres seront toujours conscients afin que le mérite soit toujours de mise.

 Vos actions vous ont donné le mérite d’être primé en tant que meilleur manager citoyen par la structure Life Builders. Que représente pour vous cette distinction ?

C’est une fierté et une reconnaissance du travail abattu. Ce trophée me permet de ne pas baisser les bras, et de continuer à travailler et apporter ma contribution aux différentes populations. J’ai compris que c’était de la valeur à travers ce prix. Cela vous motive à aller encore de l’avant ou vous vous dites que vous avez tout gagné ? Cela me motive à aller de l’avant. Parce qu’aujourd’hui, nous n’avons plus droit à l’erreur et nous devons continuer à accompagner nos braves populations et jeunes.

 Quels sont vos projets ?

 J’en ai beaucoup. J’espère que Dieu me donnera une longue vie afin de pouvoir les réaliser. Le premier, c’est la construction d’une bibliothèque et d’une salle multimédia. Cela afin de rehausser le niveau de lecture et d’écriture des élèves. J’ai remarqué que la majorité des élèves n’arrivent pas à construire des phrases correctement, il leur faut donc une bibliothèque. La salle multimédia va leur permettre de faire des recherches, qu’ils arrivent à s’approprier leur culture d’abord. Et avoir des vertus sur la culture des autres peuples. Ce n’est qu’avec ça qu’ils pourront avancer. La suite sera de créer un établissement secondaire et professionnel. En ce qui concerne l’enseignement professionnel, ce sera une école-atelier. Je me suis rendu compte qu’au niveau des grandes écoles de nos jours, les jeunes n’apprennent que la théorie. La pratique en est une autre chose. Quand ils sortent de l’école, ils sont obligés d’apprendre sur le tas. Par contre, ceux qui ont des garages mécaniques, ils apprennent dans la pratique en même temps. Il n’y a pas de théorie. Il nous faut allier école et atelier. Dans ce cadre, la formation sera théorique, mais plus axée sur l’atelier, parce qu’il y aura des ateliers qui seront construits avec tout le matériel nécessaire. Dans le cas du garage mécanique, lorsque les automobilistes viendront avec leurs véhicules, ce sera un atelier comme tout autre. Ce sera aux stagiaires qui vont s’occuper de la réparation des voitures sous la supervision des stagiaires. Je crois qu’à la sortie de là, nous aurons des jeunes biens formés qui pourront se prendre en charge. Ils pourront être employés ou entrepreneurs s’ils le veulent.

 Que pensez-vous de l’école de la deuxième chance initiée par l’État ivoirien ?

Ce système est bienvenu. Je pense que le gouvernement a très bien réfléchi. Quelqu’un peut ne pas être bon au niveau de l’enseignement général et être excellent au niveau des métiers. Mais il faut toujours avoir une base. Parce que si vous n’avez pas de théorie, vous ne pouvez pas affronter tout ce qui sera nouveau. Dans tous les cas, dans le domaine technique, il faut toujours se former. Parce que la technique évolue et c’est à chacun de se mettre à jour.

Sercom

Journaliste

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

fr_FRFrench
Enable Notifications OK No thanks