Dialogue intergénérationnel et cohésion sociale : les femmes journalistes mettent le Cap dans le village d’Abobo Baoulé

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Le Réseau des femmes journalistes et des professionnelles de la communication de Côte d’Ivoire (ReFJPCI), en partenariat avec la Deutsche Welle Academie, dans le cadre de la campagne Intergénérationnel a mis le cap, ce vendredi 5 juillet 2024, dans la localité d’Abobo Baoulé, afin de rencontrer les Autorités traditionnels, les chefs coutumiers et religieux dudit village, autour du thème : innovation pour dialoguer, parlons nous dans le respect de nos différences et faisons converger nos divergences.

Les femmes journalistes, convaincues de leur rôle de porteuses d’information mais aussi de transformatrices de la société, ont bien conscience qu’à l’approche des élections et pour le renforcement du processus démocratique, il faut contribuer à faire des jeunes, qui représentent plus de 70% de la population, des acteurs positifs de changement. Cela passe par la mise en place de mécanismes communautaires de dialogues donnant l’opportunité à chaque acteur d’exprimer librement son opinion sur la gouvernance et les questions sociales essentielles auxquelles ils sont confrontés.

Cette caravane qui s’inscrit dans la dynamique des Dialogues intergénérationnels (Dig) est un projet visant la création d’espaces d’échange, de discussion et de partage entre les jeunes, les adultes, les personnes du troisième âge, les personnes handicapées, les leaders d’opinion.

Sa Majestée, Agnès Kraidy a saisi l’occasion pour faire la genèse des Dialogues intergénérationnels (Dig), et le point des premières rencontre. Selon l’émérite journaliste, en effet, ‘’Innover pour dialoguer’’, concept de son partenaire Deutsche welle academie (Dwa), a donné naissance à deux activités majeures que sont les Petits déjeuners du genre (Pdg) et les Dialogues intergénérationnels.

Mme Kraidy a souligné que l’objectif du REFJPCI est d’informer et former une société équitable inclusive et solidaire. « De nos jours, on ne se parle plus, avant on avait l’arbre à palabre dans nos villages, où les soirs on pouvait se rencontrer pour échanger et régler nos conflits. Aujourd’hui, nous avons abattu ces arbres et avons monter les mûrs, chacun est chez lui. Avec l’avènement de l’Internet, les échanges ne sont plus fraternels et on ne se connaît pas réellement », a-t-elle réveillé.

« Comment faire pour vivre avec les éléments de notre modernité tout en gardant les pieds dans notre tradition. Il faut rappeler nos traditions aux jeunes, les fêtes de générations, nos sorties qui nous permettent de renouer  chaque fois avec nos traditions. Comment rester authentique dans un monde en perpétuel mutation. L’objectif c’est d’avoir un pays en paix, un village paisible, un monde où les femmes vaquent tranquillement à leurs occupations,  où l’avenir de nos enfants est paisible, où l’écoute est de part et d’autre afin qu’il ait, un dialogue permanent, dans le respect de nos différences et dans la courtoisie la plus totale », a-t-elle expliqué.

Les chefs traditionnels ont pour leur part exposé leurs problèmes liés aux lotissements avec les villages voisins, des histoires merveilleuses ont été racontées, sur l’installation des Ebrié dans  ce village d’Abobo Baoulé.  Abobo Baoulé est une déformation. Le village devrait s’appeler Abo bô Aba Wlé ; qui signifie selon le chef de village, en Ébrié         « Aban ban ( nombreux), Aba wlé (les familles superposées)  nous sommes nombreux comme les graines du palmier ».

Le Réseau des femmes journalistes et des professionnelles de la communication a été créé en 2014 par des femmes des médias ayant éprouvé le besoin de se retrouver, non pour s’exclure d’un métier qui est asexué, mais pour appréhender les contours de pratiques professionnelles par la prise en compte du genre.

Le Chef de Village d’Abobo Baoulé, Akré Nandjui Marc, a pour sa part indiqué que « la création d’une passerelle d’échange et de discussion permettra la sauvegarde et la promotion de nos valeurs culturelles.  Aujourd’hui, les jeunes ont du mal à s’appropriés de nos valeurs culturelles, certainement sous l’influence des médias et des réseaux sociaux. Chose que nous devons corriger, si nous voulons pérenniser nos coutumes », a-t-il déclaré.

Au terme de cette rencontre les chefs, les hommes, les femmes et les jeunes venus prendre part à cette rencontre sont rentrés heureux et satisfaits de ce cadre d’échanges, reflétant le succès de l’événement et l’importance des discussions qui y ont eu lieu.

Pour rappel le Refjci a également sihonné les villes de Grand-Bassam, Bingerville, Bonoua, Divo, Krindjabo, Soubré, Korogho, Agboville, Azaguié, Daoukro, Adzopé, Daloa, Bongouanou, avec des rencontres enrichissantes, des échanges autour de sujets en lien avec les traditions, l’éducation, les valeurs, les relations parents-enfants.

Josué Koffi

Journaliste

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