Renforcement des capacités pour une gouvernance inclusive des migrations de mains-d’œuvre en Afrique : Un atelier stratégique à Grand-Bassam

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Les migrations internationales de main-d’œuvre constituent une facette cruciale des politiques publiques, avec des implications majeures pour le développement économique, culturel et intellectuel des États.

En réponse à cette dynamique, l’Atelier de Renforcement de Capacités sur la Gouvernance des Migrations de main-d’œuvre et la Gestion des Accords Bilatéraux sur la Migration de la mains-d’œuvre (ABMMO) se tiendra les 13 et 14 novembre 2023 à Grand-Bassam, dans le cadre du Programme Régional de Migration en Afrique.

La migration de la main-d’œuvre en Afrique, principalement régionale, soulève des enjeux cruciaux, avec 80% des migrants se déplaçant à l’intérieur du continent. Les secteurs économiques tels que l’agriculture, la pêche, l’exploitation minière, la construction, les soins de santé et l’hôtellerie sont des moteurs essentiels de cette mobilité. Cependant, les travailleurs migrants, souvent occupant des postes peu qualifiés, font face à des conditions de travail difficiles et à des défis d’accès à la protection sociale.

Pour rappel, la récente Première Conférence Africaine sur les Migrations de Main-d’œuvre a souligné la nécessité de renforcer le dialogue social et de développer des accords bilatéraux fondés sur les droits pour encadrer cette migration. Les recommandations émanant de cette conférence ont mis en lumière la faiblesse actuelle du cadre de dialogue social et la nécessité urgente de renforcer les capacités dans ce domaine.

Les objectifs

Cet atelier ambitieux vise à renforcer les capacités des parties prenantes clés pour développer une gouvernance juste et efficace des migrations de main-d’œuvre en Afrique. Les objectifs spécifiques incluent la compréhension de l’impact des migrations de la main-d’œuvre, la régulation bénéfique du marché du travail, la négociation efficace des accords bilatéraux et l’identification des opportunités de coopération en matière de migration de travail et de protection des travailleurs migrants.

« Les accords bilatéraux sur la migration de la main-d’œuvre représentent également des opportunités de collaboration, favorisent le partage de compétences, la croissance économique »

Prenant la parole, le directeur général de la Diaspora, Dr. Karamoko Gaoussou, a remercié l’OIM pour tous les efforts consentis auprès de l’État de Côte d’Ivoire dans la gestion de la migration. Il a souligné que la Côte d’Ivoire est un pays migratoire avant et après l’indépendance, tout en fournissant l’historique de cette vague de migration de la main-d’œuvre. « Aujourd’hui, nous sommes dans un nouveau contexte, la migration de la main-d’œuvre va au-delà du simple cadre de l’agriculture, et c’est l’ensemble de tous les secteurs qui est touché par la migration de la main-d’œuvre », a-t-il indiqué le DG de la Diaspora. Avant de déclarer ouverte l’atelier.

Pour le chef de mission de l’OIM, David Preux, les accords bilatéraux sur la migration de la main-d’œuvre constituent un moyen privilégié pour faciliter la mobilité de ces travailleurs entre les États. « Les accords bilatéraux sur la migration de la main-d’œuvre représentent également des opportunités de collaboration, favorisent le partage de compétences, la croissance économique et le renforcement des relations bilatérales et multilatérales, renforçant ainsi la protection des travailleurs migrants », a laissé entendre le chef de mission de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) des Nations Unies. Par la suite, il a fait savoir qu’au cours de cet atelier, l’occasion serait donnée d’analyser les tenants et les aboutissants de ces accords, d’examiner les meilleures pratiques, et de discuter des moyens de maximiser les avantages mutuels pour la Côte d’Ivoire et les pays partenaires.

Les résultats attendus

Quant au représentant de la Direction Générale de l’Emploi (DGE), Djeni Koleti Clement, Sous-directeur de l’Ingénierie et de la Normalisation Statistique, a indiqué qu’en Côte d’Ivoire, les questions liées aux migrations de main-d’œuvre souffrent d’une absence de politique spécifique et de données factuelles pour aider à la prise de décision. Il a souligné que les données administratives, censées pallier le déficit des données d’enquête, restent parfois inaccessibles et peu fiables. Il a profité de l’occasion pour exprimer sa reconnaissance envers les partenaires impliqués dans l’élaboration de la politique nationale sur les migrations de main-d’œuvre, dont le processus est déjà en cours.

Il faut souligner qu’à la fin de l’atelier, on s’attend à ce que les capacités des principales parties prenantes soient renforcées, en contribuant ainsi au développement d’une gouvernance solide des migrations de main-d’œuvre. Un plan de travail détaillé, comprenant des points d’action spécifiques pour chaque partie prenante, sera élaboré pour guider la mise en œuvre des nouvelles compétences acquises.

Par ailleurs, l’Atelier de renforcement de Capacités à Grand-Bassam s’inscrit dans une démarche proactive pour transformer les défis de la migration de main-d’œuvre en opportunités, en établissant une gouvernance équitable et efficace. En unissant les forces des parties prenantes, cet événement aspire à créer un impact significatif sur la protection des travailleurs migrants et sur le développement harmonieux des États impliqués

Journaliste

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