Vatican : le Pape émérite Benoît XVI a rendu l’âme à 95 ANS

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Le pape émérite Benoît XVI est décédé ce samedi 31 décembre à l’âge de 95 ans. Son successeur, le pape François, avait annoncé mercredi 28 décembre que le théologien allemand était «gravement malade», appelant les croyants à prier pour lui.

L’Eglise et les fidèles en deuil. Le pape émérite Benoît XVI est mort ce samedi 31 décembre à l’âge de 95 ans. Son successeur, le pape François, avait annoncé mercredi 28 décembre que le théologien allemand était «gravement malade», appelant les fidèles catholiques et plus largement les croyants à prier pour lui.

Témoin direct de la Seconde Guerre mondiale, acteur de l’adaptation de la tradition de l’Eglise à la réalité contemporaine via le concile Vatican II (1962-1965) puis connu pour ses positions conservatrices, Joseph Ratzinger, de son vrai nom, a été le premier pape de l’histoire moderne à avoir mis un terme volontairement à son pontificat.

Qui est le Pape Benoît

Né le 16 avril 1927, à Marktl-am-Inn, en Bavière, celui qui fut également le premier pape allemand de l’Histoire moderne, avait succédé à Jean-Paul II le 19 avril 2005, devenant le 265e pape depuis Saint-Pierre.  

Cadet de trois enfants, Joseph Aloïs Ratzinger avait été élevé avec son frère Georg et sa sœur Maria dans une famille traditionnelle et modeste de la très catholique Bavière.

Ses parents étaient farouchement opposés au nazisme. Mais, à 14 ans, le jeune Joseph avait été enrôlé de force dans les Jeunesses hitlériennes. En 1944, à 17 ans, le futur pape avait néanmoins refusé d’intégrer la Waffen-SS en faisant valoir son intention d’entrer au séminaire. Il lui aura fallu toutefois attendre la fin de la guerre pour entreprendre des études de théologie.

Eminent professeur en la matière, il devient archevêque de Munich et Freising, en Bavière toujours, entre 1977 et 1981, date à laquelle son prédécesseur, Jean Paul II, l’appelle à Rome pour prendre la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi, ex-Saint-Office.

Son élection comme pape, le 19 avril 2005, avait été perçue comme un très grand honneur national par les Allemands. A telle enseigne que le quotidien populaire Bild, le plus lu d’Europe, en avait fait sa une en titrant : «Nous sommes pape !».

Intellectuel, réservé, sa personnalité tranchait cependant avec celle de son prédécesseur, Jean Paul II, qui affectionnait les bains de foule.

Plusieurs difficultés affrontées à la face du monde

Très vite, Benoît XVI fut confronté à un séisme : les révélations d’abus sexuels et d’actes pédophiles commis au sein de l’Église. Des crimes qu’il avait condamnés sans ambiguïté. «C’est une grande souffrance pour l’Église en général et moi personnellement. Nous avons profondément et nous ferons tout ce qui est possible pour que cela ne se reproduise plus».

Soucieux de restaurer l’unité de l’Église et de réintégrer les ultraconservateurs, Benoît XVI avait également réhabilité la messe en latin et maintenu une position ferme sur la famille, fondée sur le mariage hétérosexuel, prônant l’abstinence pour lutter contre le SIDA plutôt que le préservatif.

Cela suscitera la polémique, tout comme ses propos sur l’islam tenus en 2006 à l’université allemande de Ratisbonne. «Montre-moi ce que Mahomet a apporté de nouveau, tu ne trouveras que des choses méchantes et inhumaines, comme son ordre de diffuser par les moyens de l’épée la foi qu’il professait», avait-il notamment lancé.

Des propos tirés en réalité des déclarations d’un empereur byzantin du XIVe siècle, Manuel II Paléologue, qui, dans sa Controverse sur le «jihad» avec un érudit persan, dénonçait la guerre sainte et la tentation de la violence qui, selon lui, est intrinsèque à l’islam. Mais la référence provoque une ardente controverse dans le monde musulman.

En 2013, après huit ans de pontificat, Benoît XVI avait enfin surpris le monde entier en annonçant renoncer à ses fonctions. Une première depuis Grégoire XII en 1404. «Je peux continuer à servir l’Église avec le même dévouement et le même amour que je lui ai toujours voué, mais d’une façon plus adaptée à mon âge et à mes forces», avait-il indiqué. Ce faisant, le 28 février 2013, c’est à bord d’un hélicoptère que Benoît XVI, devenu pape émérite, avait quitté la cité du Vatican pour se retirer définitivement dans un monastère.

Pour l’heure, la dépouille du Pape Benoît XVI restera à la basilique Saint Pierre jusqu’au lundi 2 janvier 2023.

Journaliste

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